dimanche 28 mai 2017

Le français, une langue aux multiples origines

Originaire de France, le français est une langue indo-européenne de la famille des langues romanes, appelée aussi le latin vulgaire, qui se construit à partir d’un fond lexical latin et de racines gréco-latines. Le gaulois aurait enrichi la langue française d’une centaine de mots, mais son apport est difficile à mesurer avec précision. Le francique, langue germanique, aurait largement influencé la prononciation du roman du Nord de la Gaule, composé des langues d’oïl (picard, normand, bourguignon, lorrain) et du proto-français, aussi appelé francien. Parlé en Île de France au Moyen-Âge, ce dernier est l’origine du français d’aujourd’hui. Il s’est alors développé, partant du noyau parisien pour se répandre aux autres régions, qui virent leurs dialectes respectifs, les langues d’oïl, disparaître progressivement car elles-mêmes très proches du proto-français. Le flamand, le breton, l’alsacien, le basque, l’occitan et le corse ont aussi contribué à l’enrichissement du français mais l’usage de ces langues non romanes ne faisant pas partie des dialectes d’oïl a persisté dans leurs régions respectives. L’ancien français devient donc la langue la plus utilisée à travers la France et puise des influences arabes grâce aux sciences et des apports italiens de par le commerce et le rayonnement culturel de l’Italie.
Lors de la Renaissance, le français classique recourt à des emprunts lexicaux grecs et une véritable relatinisation de la langue s’opère suite à l’utilisation de termes grecs et latins dans la société cultivée. Le français gagne les administrations françaises et devient la langue diplomatique de référence en Europe. Dans le même temps, la langue connait une véritable purge lexicale, entrainant la suppression des mots d’origine non latine et des vocables provinciaux. Le français devient la langue véhiculaire de l’Europe, de l’art et des sciences. Les intellectuels et l’Académie Française contribuent largement au développement, à la normalisation et au perfectionnement du français. En France, les dialectes deviennent un signe de régression sociale et sont abandonnés au profit du français, symbole des Lumière, de la culture et du rayonnement de la France dans le monde. La période romantique brise les codes linguistiques en entremêlant les mots nobles et les mots bas, ce qui enrichit le champ lexical.
Les emprunts linguistiques aux langues telles que l’anglais, l’italien, l’arabe, l’allemand, l’espagnol, le néerlandais, le chinois ou encore le japonais enrichissent le français de quelques milliers de mots. On estime aujourd’hui à 13% la part des apports étrangers sur les 35 000 mots que compte un dictionnaire d’usage de la langue française.
Suite à la mondialisation, le français connait une prolifération d’emprunts lexicaux provenant de l’anglais, communément appelés anglicismes, notamment dans le domaine des technologies, dans les médias ainsi que dans les entreprises. L’Office Québécois de la Langue Française a conçu de nombreux néologismes pour redynamiser la langue française et protéger son intégrité.
Aujourd’hui, nous estimons à 274 millions le nombre d’individus héritiers de ces siècles de construction linguistique. En pratiquant le français, chacun d’eux écrit une part de l’histoire et contribue à son enrichissement. Ce sont les francophones.
Source : Académie Française (accessed and reposted today from https://francophonesmagazine.com/2016/07/26/le-francais-une-langue-aux-multiples-origines/)

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